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"L’avant-dernière demeure" (critique)

2020

Voici l’histoire d’Alfred, un jeune homme d’une centaine d’années, vue à travers les différents objets de sa vie quotidienne.

En effet, le narrateur principal du récit se trouve être son stylo fétiche qui le suit à travers les décennies...
Oh, il n’y pas que lui bien sûr... On peut citer une télévision, un parapluie, un chat en porcelaine, une pipe ou encore un marque-page en ivoire, une montre gousset...
Tous ses objets, et bien d’autres, nous racontent tour à tour l’attachement qu’ils ont eu à l’égard de leur cher Professeur...

Avec des thèmes riches et variés, comme l’empressement de se dédouaner des générations vieillissantes, car comme le dirait Maître Judoko (chroniqueur incroyable que je vous laisse découvrir), ils n’apportent plus rien à la société active...
La guerre d’Algérie ou comment gérer le fait d’être chez soi et de devoir partir et laisser les gens et la terre que l’on aime car le pays conquis ne cherche qu’à se libérer de ses colonisateurs...
Et surtout, la valeur des objets... Avec notre société de consommation actuelle, un stylo, une montre, un chat en porcelaine se cassent ? Pas grave, on jette et on rachète...

Alors certains objets deviennent vieux et sont remplacés par les nouvelles technologies mais la montre de l’arrière grand père ou le stylo de la grand mère ne seront plus là pour témoigner à nos futures générations, car nous voulons toujours aller plus vite et ne regardons plus ce qui se trouve derrière...

Je suis désolé mon cher Alain Seyfried de ne vous découvrir que maintenant, mais quel plaisir j’ai eu de vous lire et de vous suivre dans cette histoire... Vous avez une approche de l’écriture qui me passionne et j’ai hâte de lire vos autres romans...
Jean de La Fontaine faisait parler des animaux à son époque pour critiquer la société dans laquelle il vivait, voici Alain Seyfried, qui grâce à nos objets, veut nous faire comprendre l’importance des générations et la possibilité qu’à l’Homme, de pouvoir vivre en paix et longtemps si jamais il se posait moins de questions sur les autres mais qu’il agissait avec son cœur...

Un sublime conte, avec un regard juste sur notre société, et une poésie qui m’a enchantée, que je ne peux que vous conseiller si vous aimez la vraie littérature...

CHRIS (Libraire)